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La Nostalgie et les traductions

L’espace est le paradis, le temps est l’enfer. Or, chose étrange, tout comme dans l’emblème de la bipolarité, il y a de la lumière au centre de l’ombre, et la graine de l’ombre réside dans la lumière. Car, autrement, que serait la mémoire, cette fontaine empoisonnée au coeur de l’esprit, du paradis? Avec sa margelle de marbre poli, avec son eau clapotante, verte comme le fiel, avec le dragon aux ailes de vampire qui veille sur elle? Et que serait l’amour, l’eau limpide et fraîche des profondeurs de l’enfer sexuel, la perle grise du coquillage de feu et de cris déchiants? La mémoire, ce temps d’un royaume hors du temps. L’amour, cet espace d’un domaine hors de l’espace. Les graines opposées et pourtant si semblables de notre existence , qui se réunissent au-dessus de la grande symétrie et qui l’annulent, en un seul grand sentiment: la nostalgie.
Mircea Cărtărescu, Orbitor, ed. Denoël, 1999.

Într-o traducere superbă de Alain Paruit. Cu un titlu incomplet. În care nimeni n-a precizat că e vorba de primul volum dintr-o trilogie.
Alte bizarerii: Wikipedia.fr zice că volumul al doilea, „Orbitor: Corpul”, a fost tradus prin “L’oeil en feu” şi volumul al treilea prin “L’Aile tatouée”. Fascinant, n’est-ce pas? Cu ocazia asta au ras ideea de trilogie şi simbolistica titlurilor. Aplauze, vă rog!

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