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Quand t’as besoin d’amour

quand t’as besoin d’amour, on te le donne pas
quant tu dois aimer, t’est pas aimé
quand t’es seul, tu peux pas t’échapper à la solitude
quand t’es malheureux ça vaut pas la peine de le dire

quand tu veux serrer quelqu’un dans tes bras y’a personne
quand tu veux téléphoner, ils sont tous partis
quand t’es au fond du gouffre qui s’intéresse à toi
qui tient à ça, qui s’intéresse vraiement ?

sois à mes côtés, pense à moi
sois tendre avec moi, me troubles pas, me rends pas jaloux
me quitte pas, car je supporterais plus encore une rupture
sois avec moi, sois pour moi.

comprends-moi, aimes-moi, j’ai pas besoin de partouzes ni de causeries
sois mon amour définitif.
oublions les règles du jeu, oublions le sexe comme une jungle,
soyons unis, atteignons l’équilibre

mais j’espère rien. pas d’amour
quand t’en as besoin
quant tu dois aimer, t’est pas aimé
quand t’es au fond du trou, aucune femme te connaît.

(D’après Mircea Cărtărescu – Când ai nevoie de dragoste- http://www.romanianvoice.com/poezii/poezii/candai.php)

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Zen

Citesc cutremurătorul Zen al lui Cărtărescu, după un an în care m-am plictisit de moarte, tot citind în franceză feluriţi scriitori italieni, ca Tabucchi şi Calvino. Plictisitoarele lor romane-enigmă, aceste polare ale literaţilor, m-au scos din minţi. Ce plăcere ludică pe capul meu, să subliniez şi să fac felurite schiţe, să mă gândesc la planuri, la naratori, autori, naratari, personaje, perspectivă narativă, oare ce-ar fi zis Genette despre asta sau ce-ar fi zis Durand despre ailaltă şi altele. Chiţibuşeli cretine şi situaţii în care mă trezeam în postura de Sherlock la vânătoare de artificii narative, o pierdere de vreme cumplită dar cu o satisfacţie uluitoare, ca rezolvarea unui careu de rebus sau rezultatul unei integrale după pagini şi pagini de lupte, când despre literatură se poate scrie fermecător în mod direct, ca în Zen-ul cărtărescian…

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La Nostalgie et les traductions

L’espace est le paradis, le temps est l’enfer. Or, chose étrange, tout comme dans l’emblème de la bipolarité, il y a de la lumière au centre de l’ombre, et la graine de l’ombre réside dans la lumière. Car, autrement, que serait la mémoire, cette fontaine empoisonnée au coeur de l’esprit, du paradis? Avec sa margelle de marbre poli, avec son eau clapotante, verte comme le fiel, avec le dragon aux ailes de vampire qui veille sur elle? Et que serait l’amour, l’eau limpide et fraîche des profondeurs de l’enfer sexuel, la perle grise du coquillage de feu et de cris déchiants? La mémoire, ce temps d’un royaume hors du temps. L’amour, cet espace d’un domaine hors de l’espace. Les graines opposées et pourtant si semblables de notre existence , qui se réunissent au-dessus de la grande symétrie et qui l’annulent, en un seul grand sentiment: la nostalgie.
Mircea Cărtărescu, Orbitor, ed. Denoël, 1999.

Într-o traducere superbă de Alain Paruit. Cu un titlu incomplet. În care nimeni n-a precizat că e vorba de primul volum dintr-o trilogie.
Alte bizarerii: Wikipedia.fr zice că volumul al doilea, „Orbitor: Corpul”, a fost tradus prin “L’oeil en feu” şi volumul al treilea prin “L’Aile tatouée”. Fascinant, n’est-ce pas? Cu ocazia asta au ras ideea de trilogie şi simbolistica titlurilor. Aplauze, vă rog!